Championnat de France profondeur par Yoann Coutault

Liens vidéos des performances de Yoann

 

 

J'y pensais depuis 3 ans.

Sans ambition de performance, juste pour la découverte, l'expérience. Pour ma première compétition en piscine, il y a 7 ans, j'étais comme un gamin, fier déjà de voir mon nom dans un tableau associé à la qualification « d'athlète », moi qui n'ai jamais été vraiment sportif, en tout cas pas depuis le collège.

 

Cette année c'était décidé pour moi, j'irai aux Championnats de France d'apnée en poids constant.

Malgré une petite équipe motivée au départ, les aléas auront fait chuter les effectifs jusqu'à me retrouver seul dans l'aventure à 2 mois de la compétition.

 

Vaille que vaille, j'ai dit, j'y vais !

Un weekend à Némo 33 me conforte dans ma motivation et m'incite dans la foulée à prévoir entraînement sur les 2 mois à venir.

Je pose quelques bases pour un planning avec progression d'1 mètre par semaine sur 8 semaines en partant de 30M, pour prendre une marge sur les 33m validés en fosse.

Objectif, arriver dans le Sud avec une perf à 37 m en me disant que je n'aurai plus loin à gratter pour  aller chercher les 40.

J'ai dès lors déjà réservé 3 séances en mer chez Blue Addiction pour l'apprentissage et l'acclimatation sur place.

 

En 2 mois je n'aurais pas pris un seul mètre...

J'aurais connu peut-être les 2 mois les plus chargés dans mon boulot et tous mes weekends seront pris par l'organisation de sorties club et la formation au passage du MEF1.

Un peu ambitieux le cumul des objectifs.

Ceci sans compter sur une météo des plus revêche à l'idée que je puisse vouloir m'entrainer sur cette période.

Pas grave, j'ai dit ... j'y vais ! mais je doute quand même :)

 

2 jours de route pour rejoindre La Londe-Les-Maures, pas top le bilan Carbone, mais quand on est à l'arrache, c'est plus facile d'avoir sa maison avec soi, ainsi je logerai la semaine dans mon fourgon, avant le petit confort du Airbnb pour la compêt.

 

Arrivé à destination, Lundi fin d'après-midi, je chausse les tongs et me détend face à la Méditerranée.

Le temps prends maintenant une autre mesure, et me voilà dégagé de toute pression faute d'avoir pu me préparer en amont.

Vaille que vaille, je suis là, je vais en profiter:)

 

Première séance chez B-A, 

sous l'encadrement de Roméo, fraîchement arrivé dans la structure et avec la présence de Rémi Dubern.

Travail sur 30m, la zone que j'ai annoncé comme maîtrisée.

Je bénéficierai sur cette séance d'apports techniques fins et précis qui déjà me conditionnent vers  l'objectif : maîtriser ma performance dans la compétition.

Ainsi, j'affinerai le repérage de la zone ou je passe en flottabilité négative et avec cela définir le nombre de mouvements et leur intensité pour y parvenir, en comptant un mouvement supplémentaire pour la dépasser et donner de l'élan sur la chute libre.

Précis, efficace, j'enregistre avec plaisir.

De même j'affine les protocoles de sortie et d'immersion.

Techniquement je suis près pour la compétition.

Par chance, dès cette première séance, dans un complet relâchement et sans trop y réfléchir, je trouve aussi le réflexe et le geste pour recharger de l'air dans mes joues en ouvrant brièvement la glotte. Ainsi je redémarre avec le plein vers 17-20m.

 

Cela faisait 2 mois que je m'essayais à cela sans y parvenir sereinement, il aura fallu que j'arrête de le formaliser...

 

Deuxième séance chez B-A, 

je mets l'accent sur l'immersion libre, première épreuve sur laquelle je me suis inscrit pour le CDF. travail sur 30, en semi autonomie (en binôme bien sur), avec l'oeil avisé de Gaëtan pour une perf à 34.

La profondeur passe nickel, et avec beaucoup de plaisir, sans compter la joie d'un nouveau Pb !

Sur cette séance Gaetan mettra l'accent sur la rétroversion du bassin que je manque d'accentuer et qui me permettra de mieux me positionner par rapport au câble.

J'en suis à presque 15m de chute libre, je sens alors que je passe à un autre niveau dans ma pratique et que des portes s'ouvrent vers de nouveaux apprentissages de plus en plus fins.

 

Troisième séance chez B-A, 

j'arrive avec un peu plus d'ambition et l'envie d'aller chercher la profondeur bien sûr, toujours plus...

C'est de nouveau Roméo qui encadre, il me propose une progression lente en envisageant d'aller sur 36m. Là, j'ai un peu les crocs et je négocie la balle à 38. Accepté, mais en y allant progressivement.

Nous ne serons que 2 élèves sur cette sortie, Confort royal !!

je ne ferai que 6 plongées, le prix de l'efficacité. Le tout en bi-palme.

Première plongée toujours pour tester les oreilles, sur 10/15m

Deuxième plongée très lente en immersion libre, pour se mettre en mode apnée. Ça fera 2 min pour un aller/retour avec 30sec de pause à 20m.

Les sensations sont excellentes à ce moment là.

Troisième plongée, on va chercher le début de la chute libre et de la recharge, ce sera un A/R sur 30m, prévu sur 25 au départ, mais cela descend tellement facilement au bout de 3 jours...

4 ème plongée, objectif 35m, je me prépare avec 10min de récup en me posant sur le bord du bateau. Les 35 m passeront facilement, un nouveau Pb, de quoi avoir la banane !

5ème plongée, objectif 38, même préparation, le facteur psychologique reprend le dessus, perte de relâchement, loupé, ce sera 30m.

6eme plongée, on se ressaisit, on se concentre, même préparation, meilleur préparation, bonne expi longue pour baisser le rythme cardiaque et une bonne grosse dernière inspi. La descente se déroule parfaitement, 6 cycles de palmages rapides, 4 un peu plus lent et un dernier mouvement pour l'élan avant la chute, recharge des joues, chute libre.... à 35m le psycho me fait dire que je vais déjà bien profond, un centième d'hésitation et j'ai cette image de me mettre une petite claque derrière les oreille pour me dire, « hé ho ! Rien en t'empêche de continuer », ok, c'est la balle qui me fera faire mon virage.

Un peu d'excitation au début de la remonté, mais pas de quoi entamer la marge d'oxygène qui me fera sortir confortablement.

Nouveau Pb, cool !

 

Trop bon !

Je quitte La Londe avec déjà le sentiment d'avoir atteint mes objectifs, de ne pas être descendu pour rien.

Direction Villefranche-sur-Mer pour les annonces.

Après discussion avec Gaëtan, je me prépare à annoncer raisonnablement 36-37m pour compenser le « stress » de la compétition.

Sur place, je croise 2-3 têtes connu de l'apnée, Bourc'his, Tourreau entre autres, pas de quoi se sentir à sa place, mais on profite quand même. Je retrouve aussi Christian Vogler, un ami, ancien du GMAP et Coach de mes premières compêts, il me motive pour continuer la progression et j'annoncerai 39m pour le Fim premier jour et 40m en CWT pour le deuxième.

Vérification licence, certificat médical, vérification du lestage, test de la longe lui faisant supporter je ne sais combien de kilos. Ok, tout est bon.

S'en suit le briefing d'avant compêt sur le port, nous présentant des points de règlement et le matériel utilisé, la zone du virage en bout de câble, la balle qui arrêtera la longe, la plate d'où il faudra arracher le « tag » ce petit sésame blanc qui valide les plongées.

Ça y est, c'est du sérieux, trop content d'être là !

Le planning du lendemain est affiché dans la foulée, Je ferai parti du dernier groupe de passage, avec un départ de la navette qui m'emmènera sur le site à 12h47. Echauffement à 13h34, Immersion à 14h04.

Direction le Airbnb pour un relâchement complet avec un matinée tranquille en vue.

 

Compétition J1

 

J'ai le temps, ce qui est vraiment confortable. Je profite pleinement de ce temps dont je dispose, du petit déjeuner à la préparation du matériel, en passant par quelques étirements, je m'incite régulièrement à l'apprécier en me répétant « j'ai le temps ». c'est une expérience que j'aurais retenu du Cdf Piscine 2016 et qui s'avère plutôt bénéfique à mon mental.

J'arrive au camp de base 1h avant le départ de la navette, j'ai encore le temps.

Le temps d'apprécier les échanges avec les compétiteurs déjà passés, la compétition ayant débuté vers 8h. C'est vraiment très agréable de discuter avec des gars qui vont à 90m et partage leur expérience avec le même enthousiasme que le tiens. Je trouve l'ambiance générale bienveillante et le plaisir de la pratique semble pour la plupart aller au-delà de la satisfaction des chiffres. C'est plutôt rassurant pour justifier ma participation en queue de peloton.

La journée est chaude, et sur les conseils toujours bienveillant de Dany, je décide de ne pas m'équiper avant d'arriver sur zone avec la navette et de m'hydrater continuellement.

Grand bien m'en a pris, on accusera un retard d'1h30 suite au repositionnement du mouillage du bateau de compétition.

Arrivé sur zone, à la sortie de la Rade de Villefranche, nous rejoignons le chapelet de bateau d'organisation.

De la navette nous basculons sur le bateau de préparation et d'échauffement, amarré au bateau médical, lui même amarré au bateau de compétition.

L'équipe d'organisation est assez conséquente, il y a beaucoup de monde pour nous entourer, parfois un peu trop sur notre embarcation, mais l'ambiance entre athlètes reste positive.

13h34 départ pour l'échauffement.

A partir de ce moment là 2 apnéistes de sécu m'accompagneront jusqu'à la perf, une prise en charge très agréable et très pro.

Je ferai 3 plongées d'échauffement, La première à 20m, pour les oreilles, la deuxième toujours à 20m en un peu moins de 2 mins pour la détente et la mise en place de l'apnée.

Sur la troisième plongée je fais un A/R à 30m très confortable.

Je me sens super bien, hyper concentré, hyper détendu.

Les apnéistes de sécu me tractent alors sur une trentaine de m pour aller jusqu'au bateau de compétition, me permettant de me relâcher complètement et surtout d'éviter d'effectuer un effort avant la perf.

Je m'assois à l'arrière du bateau où l'on m'équipe de 2 montres pour valider la profondeur.

Je prend le temps à nouveau de me relâcher avant de retourner à l'eau, reste 5 min, « j'ai le temps ».

Je me fait ensuite tracter jusqu'au câble, comme un pantin complètement relâché, la tête calée sur ma frite, on me pose la main sur le câble, on fixe ma longe sur le câble et me laisse ici... 

Marc Salacroup annonce alors « 3min » avant le départ.

J'y suis !!

je pense aux images que l'on peut voir de ces compétitions, mi-air/mi-eau avec le petit rayon de soleil qui perce sur la photo, j'ai ce même petit rayon de soleil qui traverse mon masque, je suis comblé ! Et pendant ses 3 minutes extrêmement agréables, le seul effort que j'ai à faire est de ne pas me laisser submerger par l'émotion, l'excitation de cet instant tant attendu.

« 2 min », « 1min30 »... « 20sec », « 10, 9, 8 ... » je prend ma dernière inspi, les poumons s'emplissent d'air sans difficulté après une semaine de mobilisation de la cage thoracique, et je commence à percer la surface vers le fond en me tractant sur le câble.

Je descend sereinement, je suis concentré et relâché, je n'avais pas encore plongé pied nu et je le remarque surtout lorsqu'arrive la thermocline vers une quinzaine de mètres. Vers 20m je fait mon dernier mouvement et ma recharge sans difficulté, mes joues sont pleines, la chute commence, c'est trop bon ! Je profite pleinement du plaisir de la glisse, je reste concentré pour parfaire ma position et pense à la rétroversion de mon bassin pour rester aligné au câble.

Je suis complètement relâché, je me sens plutôt fin et économe sur mes compensations.

Arrive la balle, et je me retrouve nez à nez avec la plaque et les tags. J'y suis !

J'attrape un tag, ne sachant où le mettre et ayant le réflexe de me raccrocher au câble avec cette main, je décide finalement de la garder ainsi et j'entame la remonté sans traîner sachant qu'il y a un peu de route au retour.

Je n'ai pas perdu en relâchement, je me sens vraiment bien et je profite pleinement de ce temps d'immersion. J'en prend même un peu plus que prévu. À mi-chemin, je sais que c'est gagné et sans me laisser submerger par l'émotion, pour rester à l'économie, je souri, je souri aussi en croisant le copain Christian à la sécu. J'ai cherché le Diveye pour faire un signe mais il était dans mon dos.

Avant de percer la surface, je me rappelle les conseils de Rémi, je tend mon bras pour aller chercher bien haut le câble afin de maintenir les voix aérienne bien au dessus de la surface.

Je suis super confort. Je respect mon protocole de ventilation en surface et exécute clairement mon signe vers le juge en exprimant distinctement « Ok ».

la banane !

Je présente aussi le tag et ce sera ma première white card en compétition profondeur.

Trop trop bon !

 

C'est le souvenir de cette plongée que je conserverai du séjour et que j'espère me remémorer à chaque immersion en Bretagne avant de retourner plus profond.

 

La journée du lendemain sera moins favorable.

J'ai déjà atteint mes objectifs, j'ai fait le boulot et ma tête est déjà sur le retour.

Mais surtout, j'ai une douleur aux côtes qui s'est réveillé.

Plus tôt dans la semaine, en remontant sur un zodiac je me suis écrasé un peu le thorax sur un rebord en dur. Cela ne m'a quasiment pas gêné dans la semaine, peut-être la descente de la veille aura réveillé la chose.

Du coup, cette douleur se faisait présente sur mes inspis et compliquait nettement mon échauffement.

J'essaie d'y aller progressivement et d'en faire abstraction, mais cela me poursuivra pendant l'échauffement dans l'eau et jusqu'à ma dernière inspi au départ.

Durant la première partie de la descente je suis plus focalisé sur mon palmage que sur cette problématique. Arrivé à la chute, après ma recharge, avec la pression qui augmente, je ressens à nouveau cet inconfort. Je reste concentré, mais je ne me sens pas pleinement relâché.

Vers 35m cet inconfort se renforce, à ce moment là je ne m'imagine pas tendre les bras pour attraper le tag au fond, je relève légèrement la tête juste pour voir si la balle est à proximité, il reste plus de 3-4m je décide alors de virer.

Je ne m'en veux pas sur le moment, j'ai déjà fait le boulot hier et ce sera tout de même une expérience à retenir.

Je remonte sereinement, en prenant soin à la surface de m'accrocher au câble avec le bras opposé à la douleur, ce serait dommage quand même de lâcher le câble.

 

Trop bon !

Toute la semaine aura été une super expérience, et j'ai le sentiment d'avoir croqué un morceau de quelque-chose que je vais continuer d'explorer avec passion et qui me fera revenir l'année prochaine !





Retour sur la Coupe de France d'apnée à Angoulême

De retour de la Coupe de France d'Apnée d’Angoulême où nos apnéistes ont performé :

  • Yoann : 146m en DYN monopalme (Record Perso), 62m en DNF, 13'03 au 16x50 (2ème)
  • Benjamin : 100m en DYN monopalme, 80m en DNF
  • Olivier : 3'55" en statique, 144,5 en DYN bipalme (Record Perso et premier) et 75m en DNF
  • Arnaud : 5'302" en statiques, 179,27m en DYN monopalme (Record Perso, 3ème), 131,95m en DNF (Record Perso, 3ème), 49",75 au 100 Speed (Record Perso, 3ème)

Merci à Eric, Karl, Éveline, Olivier G. pour leur assistance en tant que Juges et  apnéistes sécurités.

Mieux qu'un long discours, les vidéos des performances, filmées par Évelyne et Benjamin, sur le bord du bassin (Merci !!)

Yoann : 146m DYN

 

Olivier : 144m DYN Bipalmes

 

Benjamin: 100m DYN

 

Arnaud : 179m DYN

 

Benjamin : 80m DNF

 

Arnaud : 131m DNF

 

Arnaud : 100m SPEED

 

Retour du Championnat de France

Nos deux athlètes apnéistes rentrent des championnats de France d'apnée qui se déroulaient cette année à Montluçon.

Olivier Bloavoet était inscrit sur le Dynamique Sans Palme. Il réalise une performance en deça de ses espérances avec 74,72m, ayant eu un pb avec son pince nez. Une bonne expérience et un bon apprentissage parmi l'élite.

Nicolas Doré était inscrit sur le Statique, le Dynamique sans Palme et le Dynamique avec Palme. Il commence doucement sa compétition avec 6'18'' en statique (un peu en dessous de son niveau actuel) mais il monte en puissance avec 112m en Sans palme et un très beau 175m en Dynamique Palme. Il prends grâce à Cela, la 7ème place au combiné du Championnat de France.

Bravo à tous et à l'an prochain pour de nouvelles compétitions

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